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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 23:04

 

 

 

 

 

 

 

 

L'histoire de la tomate

Hier

jusqu'au XIXe siècle

 

Grâce à deux fossiles, d'une baie

qui poussait sur terre il y a 52 millions d'années,

nous savons que l'ancêtre de la tomate a été découvert

en Argentine, plus précisément en Patagonie. Nous savons que

cette plante (baptisée Physalis infinemundi) poussait dans la zone de

l’actuel Antarctique alors proche de l’Australie et de l’Amérique du Sud. 

Cette trouvaille montre que l'histoire génétique de la tomate pourrait remonter

encore bien plus loin dans le temps. Elle est une aubaine pour les paléontologues

car elle leur permettra d’en savoir plus sur la manière dont les légumes et les fruits

ont évolué avec leur apparition à la surface de la Terre,jusqu'à leur domestication

par l'homme. Il y a donc 52 millions d'années qu'existait une forêt tropicale dans

laquelle poussait ce fruit à mi chemin entre la tomatille et la cerise de terre, le

physalis se trouvant aujourd'hui partout dans le monde. Les deux baies

appartiendraient à la famille des solanacées, variété de plantes à qui

l'on doit la tomate mais aussi la pomme de terre et l'aubergine !

Les plantes trouvées uniquement dans les régions de

Colombie, Venezuela, Équateur, Pérou, Nord du Chili

sont des plantes spontanées de diverses espèces

de l'ancien genre Lycopersicon, notamment

Solanum lycopersicum cerasiforme,

la tomate cerise.

Tomatille

Physalis

(coqueret du Pérou)

 

ancêtre de la tomate : 2 fossiles

 

Les incas des Andes péruviennes connaissaient les tomates sauvages, mais

ce sont les aztèques qui la cultivaient, et qui ont commencé à en produire plusieurs

espèces avec des formes et des couleurs différentes, ils l'appelaient "tomatl".

Des écrits rapportent que les Aztèques préparaient une sauce en associant

les tomates avec du piment et des graines de courges

 

La première domestication de la tomate à gros fruits s'est probablement

produite après celle de la Tomatille (Physalis philadelphica) qui était

plus appréciée que la tomate à l'époque préhispanique,

Après la conquête de Tenochtitlán (Mexico) par Hernán Cortés en 1519,

La tomate fût ramenée par les conquérants espagnols et introduite en Europe

au début du XVIe siècle, d'abord en Espagne, puis en Italie, par Naples

(alors sous l'emprise de la couronne d'Espagne).

 

 

Après son arrivée dans le Nouveau Monde, la plante appartenant à la

même famille que la belladone, connue pour sa toxicité, ses fruits étaient

alors jugés par les «savants» de l'époque, comme n'étant pas comestibles.

La méfiance est restée tenace, aussi pendant très longtemps, la plante servait

uniquement d'agrément ornemental et le fruit d'objet d'étude pour les médecins.

C'est un ouvrage (1544) de Pietro Andrea Mattioli, botaniste et médecin italien,

qui fait mention de la tomate pour la première fois, en la nommant pomi d'oro

"pomme d'or" (nom sans doute lié à l'importation d'une variété à fruit jaune).

Au XVIe siècle apparaissent des recettes de gaspacho, ce qui montre

sa culture et consommation en Espagne dès le début du XVIIe.

Son fruit n'est cultivé qu'à partir du milieu du XVIIIe siècle.

Il a fallu peut-être de sévères disettes pour qu'elle

commence à changer de registre de classification

et soit considérée comme étant comestible.

Mais ses qualités culinaires ne sont pas

encore tout-à-fait reconnues partout !

Les avis négatifs durent + de 2 siècles.

 

En France

l'introduction de la tomate fut lente.

Elle commença par la Provence.

C'est à la fin du XVIIIe siècle, que ses qualités culinaires

sont mises en avant dans l' Encyclopédie de Diderot et d'Alembert 

 

où est écrit ce qui suit :

 

« Le fruit de tomate étant mûr est d'un beau rouge, et il contient une pulpe fine, légère et très succulente, d'un goût aigrelet relevé et fort agréable, lorsque ce fruit est cuit dans le bouillon ou dans divers ragoûts. C'est ainsi qu'on le mange fort communément en Espagne et dans nos provinces méridionales, où on n'a jamais observé qu'il produisît de mauvais effets »

La popularisation de la tomate dans la capitale se fait à partir de 1790

avec la montée des Provençaux à Paris pendant la Révolution Française.

Aux États-Unis, le président Jefferson, qui avait séjourné en France de 1784 à 1789, fut au début du XIXe siècle un propagandiste de la tomate qu'il fit cultiver dans son domaine en Virginie et entrer à la table présidentielle en 1806

 

 

 

 

 

L'histoire de la tomate

Aujourd'hui

à partir de 1914

 

En 1914,

des plants apparaissent en Floride à la suite d'une mutation. Ce caractère est repris dans de nombreux cultivars de tomates pour l'industrie, ce qui facilite la

mécanisation des cultures et la récolte groupée.

Années 1920,

une nouvelle phase de domestication

débute aux États-Unis par un travail de sélection et d'hybridation.

Le relais est pris en Europe après guerre, notamment en France.

En 1962,

les recherches en Amérique continuent de se spécialiser

pour des tomates d'industries en introduisant des gènes

destinés à améliorer certains critères sensés être importants

pour la production du concentré de tomate.

Années 1980,

la tomate est devenue un légume bon marché et présent

sur les étals tout au long de l'année dans les pays occidentaux.

En 1994,

commercialisation aux États-Unis  de la tomate Flavr Savr,

première plante transgénique autorisée à la commercialisation.

Retirée du marché dès 1996, son échec commercial était imputable

à ses piètres qualités gustatives et à son prix trop élevé !

À la même époque,

le Royaume-Uni met sur le marché du concentré à base de tomates OGM qui eut un grand succès localement, bien que le caractère OGM du produit ait été clairement

affiché. La commercialisation cessa en 1999 du fait de l'opposition qui s'était

développée dans l'opinion publique.

En 2003,

lancement du projet international de séquençage du génome de la tomate

regroupant dix pays et piloté par l'université Cornell (État de New York).

En 2017,

un livre de Jean-Baptiste Malet

"L'Empire de l'or rouge : enquête mondiale sur la tomate d'industrie"

Dans ce livre,

 l’enquête menée par le journaliste Jean-Baptiste Malet est saisissante

tant par les révélations que par l’importance, souvent ignorée, du sujet.

Il raconte comment la mafia italienne

a investi l'industrie de la tomate.

c'est tout un business juteux....

 

 

L'auteur explique :

« Derrière ce produit banal se cache une violence extrême »

Conversation avec l'auteur  ici

 

 

Pour mieux comprendre le fonctionnement du processus de mondialisation

ainsi que ses dérives.....un article  ici 

 

 

Antoine de Saint-Exupéry: 

a dit ceci :

« La vérité de demain se nourrit de l'erreur d'hier »

 

" Ne lui parles pas ! Elle est transgénique..."

 

 

 

Un extrait du livre de Pierre Rabhi "La part du colibri"

 

 

 

« ....Dans les années 1980 , on a pu voir un camion bourré de tomates quittant l’Espagne pour livrer la Hollande; dans le même temps, un camion bourré de tomates partait de la Hollande pour livrer l’Espagne. Des circonstances incroyables ont fait qu’ils se sont percutés dans la vallée du Rhône, mêlant pêle-mêle tomates hollando-espagnoles !

Au delà du drame humain, je me pose la question si nos descendants dans quelques milliers d’années (s’il en existe encore) seront aussi stupides que nous-mêmes, et on pourrait voir alors 2 vaisseaux spatiaux, un provenant de Saturne et l’autre en provenance de Mars se percuter à l’approche de la terre, au niveau de la lune et mélangeant alors des tomates Sartuno-Martiennes !... »

 

 

Réflexion sur la pétro-tomate

 

La pétro-tomate ?

C'est une tomate qui consomme dix fois plus de pétrole qu'une tomate classique !

 

Écologie ?

Manger des tomates entre novembre et mai, c'est-à-dire hors saison,

cela représente un coût pour l'environnement. Une tonne de tomates, cultivée

en serre, consomme 946 kilos d'équivalent en pétrole (à cause de l'électricité)

contre seulement 95 kilos d'équivalent en pétrole pour les tomates cultivées

en plein champ (coût lié à l'arrosage et aux engrais) !

Voici ce que raconte avec humour I Muvrini, françois Bernardini,

au sujet des pétro-tomates :

- - -

«....Le goût insipide, l'exploitation des immigrés, les routiers de l'Est, les pesticides,

la pollution....n'ayez crainte, elles sont passées au détergent pour enlever

les traces de cuivre et de soufre... »

 

 

I Muvrini "Les péto-tomates et extrait de "Ti cantu Gaïa"

 

I Muvrini en concert à Beaupreau (49)

le 5 décembre 2010. Tournée "Gioia"

 

 

 

 

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