idées, pensées, images, humour, avis,...en vrac. Petits jeux et trouvailles de toutes sortes.





La marguerite est arrivée de Chine vers les années 1700.
Étant déjà connue comme traitement antispasmodique,
elle traversa les océans pour arriver en Amérique,
principalement au Canada. Sans doute fût-elle emmenée
par des navigateurs qui l'avaient transportée pour l'étudier
pendant leurs voyages...Il s'agissait d'explorateurs et de 1ers
colons européens du 17-18ème siècle qui auront introduit la fleur
pour calmer, soulager et donc soigner les corps et les esprits
des voyageurs et des habitants du continent Nord Canadien
exténués après leurs dures journées de labeur.

Depuis des années jusque encore aujourd'hui,
en raison de sa forme simple. la marguerite est
la fleur par excellence qui figure le plus souvent
dans les cahiers des petits écoliers,

Les fleurs solitaires,
ont plutôt tendance à se grouper
en inflorescences plus ou moins compactes.
Un phénomène extraordinaire a été observé,
celui des fleurs minuscules et nombreuses qui finissent
souvent par s’assembler en imitant une grande fleur solitaire.
La marguerite et la pâquerette en sont l’exemple classique flagrant.

Préférant les sols pauvres et secs elle s'adapte et s'acclimate
malgré tout rapidement à n'importe quel pays ou n'importe quelle terre....
Quelque soit l'endroit où elle pousse elle devient une espèce dite "naturalisée"
Cela dit, elle n'en reste pas moins une espèce non indigène, une distinction
qu'elle partage avec beaucoup de plantes sauvages telles que
la bourrache, le pissenlit, ou bien d'autres....Bref, la marguerite
est capable de prendre la clé des champs par ses propres moyens.

Cet état de fait, nous rappelle que la marguerite fait partie des
« mauvaises herbes ». L'expression remonte au temps des 1ers colons
quand la plupart des plantes s'échappaient de leurs jardins tandis qu'
ils les cultivaient à des fins alimentaires, médicinales ou ornementales.
Aujourd'hui, il serait peut-être mieux de classifier les plantes naturalisées
en espèces désirables ou indésirables, selon leur utilité ou leur nuisance,
dans les écosystèmes où elles se sont implantées....?...

La tradition d'effeuiller les pétales d'une marguerite en disant :
"Je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément à la folie, pas du tout"
remonterait au Moyen Âge.

Le chevalier qui portait une fleur à laquelle manquait un pétale
indiquait ainsi qu'il avait choisi sa gente dame. En revanche,
si une dame en portait dans les cheveux, elle signifiait
que son choix n'était toujours pas arrêté sur un soupirant.
C'est en lui offrant la marguerite qu'elle désignait alors
celui qui avait ravis son cœur.
En partant aux croisades,
les nobles offraient à leurs épouses
des couronnes de marguerites,
qui servaient de chapelet.

Facile à dessiner, la marguerite s'épanouit sur les premiers dessins des enfants.
Traduit en quelques traits, l'envol de ses pétales permet
toutes sortes de jeux très graphiques.
Matisse, Raoul Dufy, la célèbrent
et les écrivains et les poètes
l'aiment tout autant

" Unité "
Par-dessus l'horizon aux collines brunies,
Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,
Se penchait sur la terre à l'heure du couchant ;
Une humble marguerite, éclose au bord d'un champ,
Sur un mur gris, croulant parmi l'avoine folle,
Blanche épanouissait sa candide auréole ;
Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,
Regardait fixement, dans l'éternel azur,
Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.
«Et, moi, j'ai des rayons aussi !» lui disait-elle.
de
Victor Hugo dans Les contemplations
Livre 1 "Aurore" XXV (1856)


"marguerites" Henri Matisse
(1939)

"La marguerite"
C’est sur la tour Quiquengrogne
Marguerite de Bourgogne,
Marguerite de Navarre,
J’entends sonner la fanfare :
Un peu, beaucoup, vraiment,
Un peu plus, doucement,
Et passionnément.
de
Robert Desnos dans Chantefleurs
(1944-1945)


"Les marguerites" Raoul Dufy
(1943)


Buster Keaton effeuillant une marguerite !

dans
"Grandeur et décadence"

