idées, pensées, images, humour, avis,...en vrac. Petits jeux et trouvailles de toutes sortes.


On se fait souvent un « sang d’encre » après avoir eu une «peur bleue»,
qui nous avait pourtant rendu «blanc comme un linge»

L'expression « se faire un sang d’encre »


Lorsqu’on est très préoccupé par quelque chose, on dit
que l’on « se fait un sang d’encre ». Cette expression
trouve ses racines au Moyen-Âge. De ces croyances médiévales,
sont nées de nombreuses expressions comme « avoir le sang chaud »
« garder son sang froid » ou encore « mon sang n’a fait qu’un tour »…
L'expression se faire un « sang d’encre » est dérivée de l'expression
se faire du mauvais sang et elle apparaît au XVIIIe siècle. Pour les
médecins de l'époque, l'humeur avait un lien direct avec le sang.
Le mauvais sang noir comme l'encre était associé à la sensation d'
inquiétude et d'angoisse. L’équilibre de l’appareil circulatoire serait
un synonyme de bonne santé et tout déséquilibre entrainerait
des indispositions. L’excès de sang va donc permettre d’avoir
un caractère sanguin ou colérique et c’était la saignée qui
rétablissait l’équilibre. Donc ce serait le mauvais sang
noir comme l’encre qui va donner aux hommes
cette sensation d’inquiétude et d’angoisse.


L'expression « avoir une peur bleue »

Retenons que l’expression «Avoir une peur bleue» trouve son origine
dans une observation liée au choléra. en effet, lors de crises
violentes, le cholérique (et non le colérique avec sa colère) marque
en fait une cyanose de la peau, plus bleue si le temps est froid.
Par manque de sang, les lèvres et les ongles deviennent bleutés.
De quoi donner une «peur bleue» !

Il se peut en effet qu'avec une grosse frayeur, un personne ayant subi un choc puisse avoir une cyanose ou une insuffisance d'oxygène dans le sang dont l'effet va colorer les extrémité en bleu clair surtout les lèvres et le dessous des ongles.

Confronté à un stress inaccoutumé que le cerveau analyse comme
une menace vitale, le cœur bat plus vite, le sang reflue, on perd
ses couleurs, et avec elles toute chaleur, et la peau devient blême.
Dans certaines conditions, le phénomène est parfois
si brutal que la peau prend un aspect « froid » et donc bleu.

La cause est la présence, dans ce contexte bien précis, d’un taux
élevé d’hémoglobine non oxygénée dans les vaisseaux capillaires
de la peau. Le mécanisme de la peur est complexe.

Du point de vue scientifique =
"...ce mécanisme est géré par une région profondément enfouie dans le cerveau,le système limbique, formé entre autres de deux organes fondamentaux pour l’autodéfense de l’organisme : l’hippocampe et l’amygdale. Ce véritable système d’alarme du corps humain est sollicité en deux temps. Tout d’abord, la sensation d’une menace est reliée directement du thalamus (un organe enfoui au plus profond du cerveau) à l’amygdale. Ne passant pas par le cortex cérébral, impliqué dans la réflexion, cette première voie, instinctive, permet une identification grossière de la menace et une mise en branle de l’organisme par l’amygdale. S’ensuit plus ou moins rapidement une seconde réaction, qui passe cette fois par le cortex. La menace est alors analysée et associée au vécu du sujet, mémorisé dans l’hippocampe. Ce dernier organe « sait » si le danger est réel ou non. Si la menace est jugée faible, la peur va quitter le corps. Si elle est jugée sérieuse, la « peur bleue » va devenir violette et conduire le corps à la fuite, à chercher un refuge ou, au contraire, l’inciter à combattre..."

Tous les animaux ressentent à l’identique ces phénomènes physiologiques. L’événement apeurant terminé, l’hippocampe en enregistre tous les paramètres. C’est cette mémoire « explicite », ordonnée par l’amygdale, qui fait que l’on peut éprouver la même peur bleue, des années plus tard, confronté à un lieu, une odeur, une personne...


L'expression « blanc comme un linge »


"Les Amants" du peintre Magritte

L'expression ici est tout simplement une comparaison, signifiant
que le teint de peau est devenu : blafard, pâle, livide, blême....et donc
blanc de peur, d'émotion, de colère, de maladie, etc....
comme un linge blanc ...
