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Le 13 décembre, dans le Nord de l’Europe, on fête Sainte Lucie. En Suède on élit des jeunes filles, qui représenteront leurs écoles, leurs villes, leurs villages, et leurs universités. Ce jour est l'occasion de grandes animations et fêtes d'avant Noël.
La légende veut que « Lucie » vienne avec son âne et qu'elle distribue aux enfants sages des cadeaux et des sucreries. On raconte qu'elle vient la nuit déposer ces offrandes quand les maisons sont endormies. Il est interdit de la voir et de lui parler, sans quoi, elle vous lancera des cendres aux yeux.
Une petite fille prénommée Lucile, vivait dans ce pays de neige qu'on appelle la Suède, là où les jours sont si courts qu'ils ne durent que quelques heures. La petite désirait depuis longtemps rencontrer Lucie, sa fée préférée. Aussi cette nuit du 13 décembre, après avoir préparé pour la fée lumière, un bon gâteau et pour son âne de belles carottes qu'elle déposa près de la cheminée, elle monta dans sa chambre et
attendit. Elle fit tout pour se tenir éveillée.
C'était déjà minuit. La fillette qui avait résisté jusque là, avait fini par s’endormir. Elle fut réveillée en sursaut. Debout, au pied de son lit , se tenait un lutin avec un drôle de bonnet vert sur la tête, entouré de trois bougies. Il portait aussi un collier autour du cou, un beau collier de perles multicolores. Comme Lucile regardait le bijou,
l'étrange personnage parla :
- C'est mon collier que tu regardes ? c'est la fée Lucie qui me l'a
offert. Les perles sont magiques. Chaque fois que tu fais un vœu, en touchant les perles, il se réalise ! Mais dis-moi Lucile,
j'ai cru comprendre que tu voulais voir Lucie cette nuit ?
- Oui, mais comment le sais-tu ?
- Peu, importe ! Dépêche-toi, elle est dans la salle à manger près de la cheminée, elle mange ton gâteau et son âne apprécie tes carottes,
mais chut, pas de bruit, tu ne dois pas la déranger ni te faire voir ! murmura le lutin en souriant.

La fillette se leva doucement, enfila une robe de chambre car l'hiver est frisquet en ces contrées septentrionales et descendit sur la pointe des pieds les escaliers qui menaient au salon. Elle se cacha derrière la porte et observa la belle dame aux longs cheveux blonds, portant une belle couronne de huit bougies qui brillaient, brillaient. Son âne s'était assis et mangeait les belles carottes préparées par Lucile. La fillette admira la robe en fil d'ange que portait la fée. A présent la belle dame s'était assise sur une chaise et ouvrait un gros sac de toile de jute, puis elle posa tous les jouets à terre et se mit à réfléchir à voix haute mais doucement pour ne pas réveiller la maisonnée :
- Voyons, que vais- je laisser à Lucile ? La belle poupée qui parle ?
Le poupon qui pleure ? Le nécessaire à maquillage ? La trousse du docteur ? La marchande ? Les puzzles ? La belle dînette ? Le coffret de couture ? Des livres peut -être ? A moins que ce ne soit ces peluches ou... Au même moment, patatras, Lucile trébucha en voulant
voir de plus près les beaux cadeaux et tomba
en renversant avec elle le vase de fleurs.
La fée Lucie tressaillit et se retourna très en colère :
- Ah ! Ah ! Ah vilaine fille, tu m'épies ? Tu m'espionnes ? Petite, sais-tu que cela est défendu ? Connais-tu la punition pour cet acte
de désobéissance ?
- Oh Madame Lucile, pardonnez moi, je voulais juste....tenta de dire la petite fille en joignant les mains en signe de supplique.
- hum, reprit la fée, Je sais ce que je vais t'offrir, petite imprudente ! Ceci ! Un nécessaire pour la ménagère : un balai ,un seau, une pelle
et un plumeau pour nettoyer toutes les cendres que je vais
jeter sur toi et dans ta maison !
Et joignant les gestes à la parole, elle saisit dans la cheminée
deux poignées de cendres, qu'elle jeta sur Lucie et tout autour d'elle...Puis, dans un cri de colère, elle ramassa tous les jouets,
monta sur son âne et disparut.
Lucile, aveuglée par les cendres qui lui brûlaient les yeux,
se mit à hurler de douleur :
-Non, Non ! Pas les cendres ! ! J'ai mal aux yeux ! S'il vous plaît, pas les cendres ! pas les ....
-Lucile ! Lucile ! Réveille-toi, tu as fait un cauchemar ! C'était maman
qui était accourue à son chevet avec papa en l’entendant hurler.
- Eh bien ! Tu es tout en nage ? Est -ce que ça va, ma fille ?
Questionna papa inquiet.
- Elle a fait un mauvais rêve, c'est tout ! N'est -ce -pas, ma chérie ! s'enquit maman.
Lucile était toute rouge et tout effrayée,
mais elle se calma en voyant ses parents auprès d'elle :
- Oui, maman ! c'était un mauvais rêve ! J'ai eu si peur !
- Ne veux -tu pas voir ce que Lucie t'a apporté cette nuit ? Lui demanda papa assez surpris que sa petite fille ne se précipite comme à l'accoutumée devant la cheminée.
- Si, bien sûr ! dit Lucile, et l'enfant mit sa robe de chambre,
puis rejoignit le salon.
Là, dans ses souliers, elle trouva un lutin au béret vert décoré de bougies qui semblait lui sourire, un magnifique collier de perles de couleur éclatantes et ….. un nécessaire de petite ménagère avec brosse, balai ,pelle, aspirateur. Lucie en fut toute bouleversée. Ces cadeaux la ravissaient mais aussi l’intriguaient. Avait-elle vraiment rêvé ? Elle n'osa jamais dire à ses parents qu'elle avait vu Lucie, mais elle s'appliqua à aider sa maman à faire le ménage chaque fois qu'elle le pouvait. Elle garda jalousement le beau « collier à souhaits, » qui lui procura beaucoup de petits bonheurs. Quant au lutin, il trônait sur la petite table de sa chambre, et, chaque nuit il l'attendait pour la conduire au pays de la fée Lucie, vers de nouvelles aventures...
