....chanson si souvent chantonnée,
....par mon papa,

et je repense à certains dimanches chez ma grand-mère, je revois la moustache grise de mon grand-père,
je repense aussi à l'odeur de café dont la fumée embaumait la cuisine....Re-voilà tout un univers
où nous enfants, étions attirés par les savoureux goûters habituels du 4 heures,
je revois bon-papa avec son vieux costume tout sombre, au dessus de lui dans son fauteuil, le coucou sortait parfois de son abri tout en bois.....Des gros bouquets de fleurs décoraient la salle à manger et,
derrière les rideaux des fenêtres on voyait le joli jardin, il y avait le grand escalier,
il y avait le long couloir sombre au sol dallé que la lumière du jour éclairait au travers de quelques vitraux,
il y avait, il y avait tant et tant......c'était, c'était, que c'est beau la vie....
Et lorsque nous allions à la vigne, oui nous franchissions des murettes et nous aimions manger des amandes amères, tout était bon, si bon ! ... on se rappelle des arbres fruitiers sauvages qui bordaient les champs, on se rappelle du bassin d'eau de la rivière et c'était, c'était un plein de famille qui parlait haut et fort, parce que de l'autre côté de la rue du village l'on s'interpelait, il fallait s'entendre....c'était ainsi, des confitures qui s'étageaient d'années en années dans les armoires, derrière dentelles ou draps frais repassés,
et oui cela sentait bon le propre et la lavande,
et l'on se cachait aussi pour rire sous la grande table,....
....Faut-il pleurer, faut-il en rire ? je n'ai pas le coeur à le dire, on ne voit pas le temps passer.

On se marie tôt à vingt ans
Et l'on n'attend pas des années
Pour faire trois ou quatre enfants
Qui vous occupent vos journées
Entre les courses la vaisselle
Entre ménage et déjeuner
Le monde peut battre de l'aile
On n'a pas le temps d'y penser
Faut-il pleurer, faut-il en rire
Fait-elle envie ou bien pitié
Je n'ai pas le cœur à le dire
On ne voit pas le temps passer
Une odeur de café qui fume
Et voilà tout son univers
Les enfants jouent, le mari fume
Les jours s'écoulent à l'envers
A peine voit-on ses enfants naître
Qu'il faut déjà les embrasser
Et l'on n'étend plus aux fenêtres
Qu'une jeunesse à repasser
Faut-il pleurer, faut-il en rire
Fait-elle envie ou bien pitié
Je n'ai pas le cœur à le dire
On ne voit pas le temps passer
Elle n'a vu dans les dimanches
Qu'un costume frais repassé
Quelques fleurs ou bien quelques branches
Décorant la salle à manger
Quand toute une vie se résume
En millions de pas dérisoires
Prise comme marteau et enclume
Entre une table et une armoire
Faut-il pleurer, faut-il en rire
Fait-elle envie ou bien pitié
Je n'ai pas le cœur à le dire
On ne voit pas le temps passer