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C'est bien avant le christianisme
que les feux de la Saint Jean avaient commencé.
A l'origine il s'agissait d'une fête tout-à-fait païenne.
Traditionnellement ils étaient allumés pour célébrer le solstice d'été.
Cet évènement ancestral était reconduit chaque année en adéquation
avec le rythme du calendrier grégorien scrupuleusement suivi
pour vouer un culte sacré au soleiil afin d'obtenir sa grâce
avec diverses bénédictions, par exemple pour obtenir
de bonnes moissons, des guérisons, en somme,
pour des protections vitales contre les fléaux,
qui, en ces temps là, tourmentaient tant
la vie des peuples dans leur quotidien.
Le rite des flammes était surtout lié
à tout un système de purification
exécuté aussi pour prolonger
les rayons du soleil de peur
que celui-ci ne s'éteigne
définitivement !


D'une manière plus détournée, les coutumes antiques
du culte du soleil sont encore pratiquées dans quelques coins de Bretagne.
Elles consisteraient à répéter certains gestes selon un ordre méthodique précis
par dessus ou autour des flammes du bûcher, en respectant avec grand soin
l'orientation de points cardinaux....avec des calculs savants, avec des figures
particulières en formant des cercles, avec des incantations au langage
pour le moins mystérieux; en sautant ou en dansant dans un sens et
pas dans l'autre...etc...et tout cela donnerait ainsi donc un sens
bien spécifique destiné à des invocations pour préserver
la survie du soleil...si "chaudement" espérée !


On comprend que ces coutumes anciennes sont vraiment antiques !
Elles appartiennent à un très lointain passé où les peuples avaient le besoin
impérieux de se livrer à des croyances par le biais de n'importe quels moyens
(magie ou autres) ce pour éviter de s'attirer les foudres trop puissantes des dieux !
On sait que les populations de très nombreux pays de notre globe considéraient
que l'élément du feu constituait une force éclairant leur imagination pour faire
en sorte de s'approprier de quelconques pouvoirs,
utiles à expulser toutes impuretés,
utiles à éloigner bien des maléfices,
utiles à effacer leurs craintes de l'inconnu,
utiles à régler leur existence chaotique,
du moins l’espéraient-ils ainsi.

Bref,
ces traditions occultes des feux de la Saint Jean,
remontant donc à l'Antiquité, proviennent probablement
des peuples celtiques et germaniques. Mais en Syrie, en Phénicie,
le solstice donnait lieu à la grande fête en l'honneur de Tammuz.
D'après Pline l'Ancien,
les Romains aussi fêtaient le solstice d'été par de grands brasiers.
Leur fête célébrait symboliquement Janus, dieu des portes.
Deux visages le représentent :
- l'un tourné vers le passé - la phase descendante du soleil,
- l'autre tourné vers le futur - la phase ascendante du soleil.

Janus
était le dieu romain des commencements et des fins,
le dieu des choix, de l'initiation aux mystères,
celui des portes et des clés qu'il utilisait :
- la clé d'or pour ouvrir ou fermer la voie ascendante de la lumière
« la connaissance spirituelle »
- la clé d'argent qui ouvre ou ferme la voie descendante de l'obscurité
« l'ignorance spirituelle »
Le moment de la Saint Jean d'été était associé à la porte des Hommes,
celle qui donne accès aux petits mystères, par opposition à la porte des Dieux
qui ouvre sur les grands mystères au moment de la Saint Jean d'hiver.


Les premiers peuples slaves avaient pour coutume de fêter Ivan Kupala,
dieu du soleil et de la réincarnation, mais aussi de la "purification par l'eau
de la fertilité et l'eau de l'amour". Les peuples de l'Est le célébraient avec
des couronnes de fleurs sur leur tête, tout en chantant et en dansant
autour de gigantesques feux sur lesquels ils jetaient des herbes.
Dans les rivières, les baignades nocturnes "purifiantes"
de la Saint Jean ont été rapidement bannies
car elles représentaient pour la religion
des libertés dirigées par le "Mal"
le diable lui même !


Il faut
savoir que
les fêtes païennes
ont été vite récupérées
par le christianisme, celui-ci voulant
de toutes forces imposer ses propres lois
afin de diriger les peuples selon ses propres valeurs
pour donc, de cette manière, conquérir peu à peu plus de pouvoirs.
La christianisation du peuple slave crée ainsi une rupture avec cette tradition.
De ce fait, le catholicisme du Vème siècle remplace la célébration de "Kupala"
(ou Kupalo) par celle de St Jean Baptiste commémorant le jour de sa naissance
le 24 juin, soit à la même date (approximative) du fameux solstice de l'été. Mais
malgré cette fusion entre païens et catholiques, le rituel perdure jusqu'à nos jours
sous forme de fêtes folkloriques. Par ailleurs, exportée tardivement en Amérique,
la fête de Saint Jean Baptiste est même devenue nationale chez les québécois.


"Saint Jean Baptiste au désert"
de l'artiste

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Les feux de la Saint Jean sur le site
de "La France pittoresque" ici

En France les fêtes de la Saint Jean se déroulent
dans de nombreuses régions, chacune de celles-ci
reste fidèle à ses rituels distinctifs ! Par exemple, certains
gardaient les cendres pour se préserver de la foudre et des orages,
d'autres tournaient 9 fois autour du feu dans l'espoir de trouver mari ou femme,
ou encore, il fallait jeter une pièce dans le feu et la retrouver dans les cendres,
sauter au dessus du feu garantissait que l'amour durerait toute l'année etc et etc !
Voici une petite liste de quelques régions pratiquant leurs rites spécifiques., en
cliquant ici

- Le petit Saint-Jean à Valréas dans la Drôme
- En Alsace le brasier de sarments de vigne
- Bazas en Gironde autour du bœuf gras
- La flamme du Canigou en Catalogne


Bien sûr
durant ces festivités,
les danses, les musiques ont été, sont toujours de rigueur
et l'eau a toujours eu une importance aussi précieuse que le feu !

