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idées, pensées, images, humour, avis,...en vrac. Petits jeux et trouvailles de toutes sortes.

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Photo d'une marchande d’herbes et texte de robert Doisneau dans " Paris les Halles"

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo de Robert Doisneau

" Paris Les Halles" - La Marchande d’herbes (1960) -

 

 

 

 

 

"Doisneau, Paris les Halles"

livre de Vladimir Vazac

 

*

(Un texte chargé de sens qui se suffit à lui même)

 

 

(...)

 

 

«.. Des techniciens se sont penchés sur le problème des Halles de Paris. Des hommes malins, urbanistes, politiciens, financiers.

 

Se sont penchés, c’est-à-dire ont regardé de très haut s’agiter les petites gens.

 

J’y avais beaucoup d’amis, dans cette sorte de village j’étais photographe inoffensif considéré comme un doux maniaque, aussi je ne peux rien comprendre aux conceptions des technocrates imbibés de géométrie.

 

Les buts vers lesquels ils tendent s’appellent rentabilité, spécialisation, division du travail, efficience.

 

Tout ceci va diamétralement à l’inverse de ce que je venais chercher dans les nuits des Halles, j’y trouvais l’image même…

 

L’église du village, Saint Eustache elle-même, était un mélange de styles et de parfums. Gothique à l’intérieur, parfumée d’encens, Renaissance et parfumée de céleri à l’extérieur. Et autour, une curieuse humanité dans une lumière de fête foraine, des rupins et des clochards, des chauffeurs routiers et des tireurs de diables, des bouchers et des clientes de chez Dior, des maraîchers et des poivrons. Tout ce monde se disait « tu » et surtout flottaient une grosse gaîté et une bonne volonté, valeurs dont ne tiennent pas compte les ordinateurs électroniques.

 

Tout ce quartier est pétrifié par un gel brutal.

 

Paris perd son ventre et un peu de son esprit.

 

Je me moque du noctambule qui n’y trouvera plus ce bain de fraîcheur après les plaisirs frelatés de la nuit mais je pense à l’homme à la dérive, sans amis dans la ville endormie où les téléphones sont muets, il accostait aux Halles, un peu de chance il y trouvait de quoi vivre, un peu de chance encore, il était adopté. Ceci n’est pas une légende unique mais une histoire répétée cent fois en confidences de bistrot...»

 

Robert Doisneau

 

(...)

 

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