idées, pensées, images, humour, avis,...en vrac. Petits jeux et trouvailles de toutes sortes.










"Le marché aux herbes d'Amsterdam"
Huile sur toile du peintre néerlandais Gabriel Metsu
(collection de peintures du Louvre)

Pour en savoir + sur ce tableau
lire ici

Les histoires de cérémonies au jour du solstice de l'été,
nous amènent sur le sujet des précieuses "Herbes de la Saint Jean"
Au fil des époques qui se succèdent, on note l'évolution de la prise en compte
des vertus de ces plantes sauvages, un commerce les concernant se développe.
Indépendants, les marchands ou marchandes d'herbes s'imposent dans les rues.
Des marchés aux herbes s'installent sur les places, sous des halles, étalant aux
yeux de connaisseurs intéressés, de nombreuses variétés de plantes officinales
aromatiques, médicinales, destinées à être utilisées pour des breuvages, pour
la cuisine...etc...ce, à des fins thérapeutiques avec des soins alors naturels.
Depuis la nuit des temps, l'individu a toujours considéré qu'il était essentiel
de veiller à sa santé physique mais aussi, plus ou moins consciemment,
sur l'état de son équilibre mental, autrefois par des moyens occultes,
spirituels, avec des rituels dits "sacrés" et en s'appuyant donc sur
ses connaissances transmises de génération en génération
concernant les plantes aux propriétés si bienfaitrices.

La marchande d'herbes aromatiques

Ta paille azur de lavandes,
Ne crois pas avec ce cil
Osé que tu me la vendes
Comme a l'hypocrite s'il
En tapisse la muraille
De lieux les absolus lieux
Pour le ventre qui se raille
Renaître aux sentiments bleus.
Mieux entre une envahissante
Chevelure ici mets-la
Que le brin salubre y sente
Zéphirine, Paméla
Ou conduise vers l'époux
Les prémices de tes poux.

Stéphane Mallarmé
(1842-1898)

Dessin de marchande d'herbes 1774

La Marchande d'herbes : estampe du XVIIIème siècle (1745-1755)
( A Paris, petits groupes de personnes de part et d'autre d'une marchande d’herbes.
A droite, une vendeuse de petits pains. Fragments de façades à l'arrière-plan)



Scène de rue : marchandes d'herbes (photo?)



adulte - enfant, marchands d'herbes (photos Atget)



Scène de rue.: marchandes d'herbes (photos Atget)

(photo Atget) Marchande de mouron*



Clic sur la photo
de Jean Eugène Auguste Atget
pour en savoir + sur le photographe français


Vers les années 1900, l'industrialisation galopante fait son apparition, ainsi
le petit métier de marchande d'herbes finit par disparaître du paysage urbain.



A propos du mouron*
(plante et expression)



(le mouron rouge)


(le mouron bleu)


(le mouron blanc ou mouron aux oiseaux)


En savoir + sur le mouron ici
(clic sur ses gifs et planches botaniques)

L'expression « se faire du mouron »

L'épithète du nom botanique media « milieu » fait référence à la ligne de poils
qui court alternativement d'un côté puis de l'autre de chaque entrenœud
de la tige ronde de la plante appelée mouron et cette ligne de poils
faisant référence aux cheveux, aurait amené l'expression
« se faire du mouron » en fait de l'argot qui signifie
"se faire des cheveux blancs" c'est-à-dire
"se faire du soucis".



Le petit commerce

J'ai vendu du mouron
Mais ça n'a pas marché
J'ai vendu des cravates
Les gens étaient fauchés
(...)
Boris Vian
des
"Chansons impossibles" (1955)
(texte intégral plus bas...)


" Le petit commerce"
du chansonnier Boris Vian
« Le petit commerce »
J’ai vendu du mouronMais ça n’a pas marchéJ’ai vendu des cravatesLes gens étaient fauchésJ’ai vendu des ciseauxEt des lames de rasoirDes peignes en corozoDes limes et des hachoirsJ’ai essayé les fraisesJ’ai tâté du muguetJ’ai rempaillé des chaisesRéparé des bidetsJe tirais ma charretteSur le mauvais pavéJ’allais perdre la têteMais j’ai enfin trouvé.Je roule en Cadillac dans les rues de ParisDepuis que j’ai compris la vieJ’ai un petit hôtel, trois domestiques et un chauffeurEt les flics me saluent comme un des leursJe vends des canonsDes courts et des longsDes grands et des petitsJ’en ai à tous les prixY a toujours amateur pour ces délicats instrumentsJe suis marchand d’canons venez me voir pour vos enfants Canons à vendre !Avec votre ferrailleOn forge ces enginsQui foutront la pagailleParmi ceux du voisinCa donne de l’ouvrageA tous bons ouvriersEt chacun envisageDe fonder un foyerPour se faire des financesOn fabrique des lardonsOn touche l’assuranceEt les allocationsCa n’a pas d’importanceCar lorsqu’ils seront grandsIls iront en cadenceCrever pour quelques francs.Je vendais des canons dans les rues de la terreMais mon commerce a trop marchéJ’ai fait faire des affaires à tous les fabricants d’cimetièresMais moi maint’nant je me retrouve à piedTous mes bons clientsSont morts en chantantEt seul dans la vieJe vais sans soucisAux coins des vieilles rues, le coeur content, le pied légerJe danse la carmagnole, y a plus personne sur le pavé Canons en solde !