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Le noisetier et ses noisettes


Étymologie du noisetier
Le noisetier se nomme aussi coudrier ou "corylus avellana".
Corylus vient de Corolus, nom latin du noisetier qui dériverait du grec
Korus, « casque », en référence à la forme des cupules membraneuses
et frangées qui entourent la noisette. La noisette est en effet, enfermée
dans une bractée verte à la manière d'une tête dans un casque.
Avellana se rapporterait à la ville italienne d'Avella, dans la province d'Avellino,
dont les noisettes étaient réputées ou bien il dérive du gaulois Aballo, « pomme ».
Une « aveline » est une grosse noisette presque ronde
et « avelinier » le nom ancien de cette sorte de noisetier.
Description du noisetier

Le noisetier est un arbrisseau de 3 à 8 mètres de hauteur,
appartenant à la famille des Bétulacées.
Ce genre d'arbuste est originaire d'Europe du Nord
vivant plutôt dans des endroits froids et humides.
Les noisettes sont particulièrement appréciées par
certains ours et surtout par de nombreux rongeurs
dont bien sûr l'écureuil qui les stocke pour l'hiver !


Ses racines


Le noisetier peut vivre en symbiose avec la truffe,
On a déjà parlé de ce système racinaire et la truffe étant un champignon,
il n'est pas étonnant qu'une association mycorhizienne puisse se faire entre
deux espèces différentes comme le noisetier et la truffe. Bref rappel d'explication,
les filaments du champignon (la truffe) colonisent les racines de la plante (le
noisetier) et ce lien est en quelque sorte un échange de nourriture nécessaire,
voir naturellement vital entre un élément externe et celui qui vit sous-terre.




Mais revenons à la description du noisetier...
Ses tiges

On se rappellera que le tronc d'un arbre est en fait une tige !
Les tiges du noisetier sont dressées, droites...Précisons alors que
le noisetier n'a pas de tronc central. Il est composé d'une dizaine de troncs fins,
....pardon disons d'une dizaine de tiges fines partant de sa racine ligneuse
qui, elle, produit des drageons et les drageons sont des stolons qui, eux, sont
des rejets naissants à une certaine distance de l'arbrisseau.

Son bois

Ci-dessus, une jolie coupe d'une tige de noisetier commun met en évidence
les cernes et la structure du bois (vaisseaux et rayons ligneux).
Son écorce

L'écorce est tachetée, brun-jaune ou brun-gris, assez lisse, parfois ridée,
parfois de fines lamelles retroussées se détachent, ponctuée de bandes
transversales claires et couverte d'un duvet sur les jeunes branches.
écorce jeune

écorce de 4-5 ans

Ses feuilles


Le feuillage est caduc.
Les feuilles sont alternes, ovales ou cordiformes, en cœur à la base, larges,
souvent asymétriques, et se terminant toujours par une courte pointe. Elles sont
fortement nervurées, saillantes et pubescentes sur le revers.
La marge est irrégulière, légèrement lobée, doublement dentelée :
une 1ère grossière, la seconde plus fine.
Les feuilles au vert tendre, sont ternes sur le dessus,
plus claires et duveteuses sur le dessous.Tandis que les feuilles sont grandes,
le pétiole qu'elles portent, lui, est court et couvert de poils.




Les branches
Les branches se développent grâce à tout un système de cellules,
de vaisseaux et des tissus végétaux = les phloème et xylème provenant
du méristème et avec la capacité de transporter de grandes quantité d'eau et
des nutriments du sol jusqu'aux feuilles
Tous deux ont 2 structures :
- La structure primaire assurant la croissance en longueur,
- La structure secondaire assurant la croissance en largeur.
Et tous deux ont la charge de conduire la sève.
La différence ?
Elle réside dans le mouvement de la sève.
- Dans le xylème, le flux de sève brute est continu (ascendant).
- Dans le phloème le mouvement de la sève élaborée est bidirectionnel.



Bourgeons & jeunes pousses
Les bougeons sont alternes, ovales.
Femelles ou mâles, ils sont protégés par des écailles.
Les jeunes pousses sont couvertes de poils glanduleux et rougeâtres.


Fleurs femelles et Fleurs mâles



Les deux fleurs ne naissent pas en même temps.
Et les fleurs mâles et fleurs femelles sont juste l'une à côté de l'autre.

Fleurs femelles


Les fleurs femelles sont à même le rameau dans un bouton.
Elles sont minuscules (2 à 3 mm) mais commencent à être visibles vers
la fin du mois de mars, début avril. Elles se dégagent alors des bourgeons,
munies de styles rouges qui ressemblent à des petites étoiles rouge carmin.
Durant l'automne, ce sont elles qui donneront naissance aux noisettes
enveloppées dans une bractée foliacée épaisse. Les fleurs femelles sont
regroupées par deux ou trois. Elles sont englobées dans un involucre.
Et c'est dans cet involucre que l'on trouvera le fruit, la noisette.
Les stigmates dressés et sessiles sont situés à l'extrémité du pistil.
Ces stigmates ornent la fleur femelle et organes capteurs
des grains de pollen, ce sont leurs villosités qui les recueillent.

Fleurs mâles


Les fleurs mâles sont regroupées en longs "chatons".
Leurs étamines sont protégées par des sortes d'écailles.
La floraison des chatons a lieu avant ou juste au début du débourrement des
feuilles. Les chatons se forment sur le bois âgé de deux ans, donc un peu en
contrebas des extrémités des rameaux et ils n’affectent pas la croissance des
pousses au printemps. Chaque chaton porte sur un axe des dizaines de fleurs
élémentaires, sous-tendues chacune par une bractée sombre et arborant
de très nombreuses étamines sur des courts filets. Les chatons fleurissent
plutôt en hiver, vers fin janvier jusque début mars. C"est ainsi en plein cœur
de l'hiver que les chatons jaunes répandent la poudre d'or de leur pollen.

Écailles des chatons
protégeant les étamines
Coupe transversale du chaton

Étamines sous les écailles protectrices

Rôle des fleurs femelles et mâles

Les grains de pollen ne fécondent pas les fleurs femelles du même arbre pour
respecter la règle quasi universelle du brassage génétique.
Pour cette raison, les chatons d’un arbre sont en fleurs avant les fleurs femelles.
Celles-ci apparaissent quand les chatons mâles sont en train de défleurir.
La quantité de pollen émise par les chatons est considérable. C'est le vent qui
se charge de disséminer et de féconder les fleurs femelles.




Le fruit : la noisette


Coupe longitudinale d'un akène montrant
le début du développement de la graine

Le fruit est tout d'abord jaune-vert puis à maturité il devient brun.
Ce fruit est un akène enchâssé dans un involucre foliacé en forme de cloche
tubulaire, charnu, à segments irréguliers, dentés ou divisé en lanières,
3 bractées formant un involucre à bords laciniés.
Les noisettes peuvent être aussi bien solitaires
qu'en groupe de 2 à 4 noisettes. Elles sont souvent charançonnées.
La graine est logée à l'intérieur de sa solide et ligneuse coque.
C'est durant l'automne que la fleur femelle se transforme en noisette.
Ovale et ligneuse, elle mûrit plus précisément en septembre-octobre.


