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"Tout homme a dans le cœur
un orgue de Barbarie qui ne veut pas se taire"
Jules Renard

L'orgue de Barbarie

L'orgue de Barbarie est un instrument de musique mécanique à vent
classé dans les orgues. Il fait partie des « automatophones »
terme qui englobe tous les instruments destinés à produire
de la musique par des procédés mécaniques.Techniquement,
c'est un « mécanique » ou un « pneumatique à touches »

Pourquoi est-il appelé « orgue de Barbarie » ?
" Il y a un ogre de chez les barbares dans la boîte ? "
(mignonne question d'enfant)
Plusieurs versions lui sont attribuées, par exemple des joueurs
de rue aux XVIIe et XVIIIe siècles seraient venus des côtes barbaresques,
on dirait aujourd'hui le littoral maghrébin ou l'Afrique du Nord-Ouest.
Mais l'origine du nom de l'orgue reste imprécise,
encore un mystère pour les historiens.

Les qualités musicales, l'étendue des registres, sont très variables.
Et il existe une grande variété de formes différentes =
- des plus petits portés en bandoulière comme l'orgue de Barbarie portatif,
attribut traditionnel des chanteurs de rue, aux plus grands appelés
Limonaires qui sont fixes et affectés à des salles de bal, des cafés.
Ces orgues là sont de véritables chefs d’œuvre d'horlogerie et offrent
en plus de la mélodie, des percussions et des automates animés
qui bougent au rythme de la musique. Et il y a une large gamme
intermédiaire d'orgues mobiles portés sur des charrettes ou
attelés à des voitures, jusqu'aux orgues qui accompagnaient
traditionnellement les manèges forains.




L'image du singe est souvent associée à l’orgue de barbarie depuis
la parution des premières aventures, au 19ème siècle, de Tom Sawyers
qui rencontrait des personnages atypiques dans ses aventures, entre autre
un joueur d’orgue de barbarie avec son petit singe facétieux
qui faisait la manche auprès du public.


Comment ça marche ?
- Avec de l’air et de l’huile de coude !

Le support musical de l’orgue de Barbarie est « le carton ». Celui-ci est
fabriqué par des professionnels très expérimentés en matière de musique.
Le carton, c'est la partition musicale qui va être lue par l'orgue de Barbarie
d'où l'importance de sa fabrication. Son élaboration débute par l'écriture
de l'arrangement de la partition originale de l’œuvre qui sera adapté
à l'instrument auquel il est destiné en fonction
de sa gamme et de son type de lecture
(mécanique ou pneumatique).
Cet arrangement de nos jours est ensuite saisi sur ordinateur,
c'est celui-ci qui va piloter la perforatrice pour faire les petits trous
dans le carton (chaque trou correspondant à une note).


Le principe est simple: la rotation de la manivelle produit de l'air par
l'intermédiaire d'un soufflet qui est dirigé vers une réserve dans laquelle
se trouve une membrane. Chaque ligne du carton est affectée à un tuyau
devant chanter via des relais pneumatiques commandés par les trous du
carton. L'orgue de Barbarie est un instrument qui date du 17ème siècle.
Les notes sont écrites sur des trous perforés dans une feuille de papier.
Et il suffit de tourner la manivelle pour qu'elles soient jouées.

La création du carton se fait par le "Noteur" en plusieurs étapes :
- La découpe à la longueur voulue dans des bobines
de plusieurs centaines de mètres
- Le pliage en accordéon
- Le perçage par la perforatrice
- La mise sous presse pendant un minimum de trois heures
- Le vernissage, les retouches éventuelles et le ponçage.

Le joueur, appelé "tourneur" actionne donc la manivelle qui fait fonctionner
un système de soufflets produisant l'air distribué aux flûtes (tubes, tuyaux)
et qui fait avancer le carton ou le rouleau de papier perforé servant
de partition musicale. Ce système de support musical (carton ou
papier perforé) a été mis au point par Claude Félix Seytre dans les
années 1850 en adaptant l'invention de Jacquard pour les métiers à tisser.


Auparavant, la mélodie était retranscrite sur des cylindres de bois
à l'aide de petits picots de métal en relief qui grâce à un ingénieux système
actionnaient les soupapes permettant de faire chanter les bonnes flûtes.
Ce système ne permettait pas une mobilité aisée à cause de
l'encombrement des cylindres et limitait également
la durée d'enregistrement de la mélodie.

Connu dans le monde des poèmes,
celui de Jacques Prévert est « l’orgue de barbarie ».
