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Selon une jolie légende de chez nous,
les myrtilles seraient nées des grains
du chapelet qu’un ermite égrena avant de mourir
sur la montagne de Saint-Claude, près d’Autun, en Bourgogne.

Plus sérieusement, les baies de myrtille sont consommées depuis la préhistoire
et leurs propriétés thérapeutiques ont été vantées pour la première fois
dès l’Antiquité, par Dioscoride, un médecin grec.
Depuis plus de 1000 ans, différentes propriétés ont été
attribuées à la myrtille pour soulager bien des maux.

Traditionnellement, la myrtille agirait sur les troubles
de la circulation veineuse et sur certaines maladies de l’œil.
La myrtille, nommée bleuet, a été découverte en Amérique du Nord.
Ce sont les Amérindiens qui l'avaient découverte. Étonnés d’apercevoir
une fleur à cinq branches formant un astre, ils pensaient tout d’abord qu'il
s’agissait d’un signe de leurs Dieux pour améliorer la faim de leurs enfants.
Ils récoltaient ainsi les baies au bord d'un lac, le lac " Huron".

En 1615, les premiers explorateurs avaient observé
les habitudes de ces peuples qui faisaient leur cueillette en été...
Pour profiter des vertus médicinales des myrtilles toute l'année,
ils les conservaient en appliquant l'ancestrale technique du fumage consistant
à exposer les fruits à la fumée du bois. Cette méthode de séchage leur permettait
surtout de consommer les fruits en période hivernale. Entre autre, ils les réduisaient
alors en poudre et en faisaient une pâte qu'ils combinaient au maïs, au miel et à
l'eau pour en faire un pudding le "Sautauthig”. Ils fabriquaient aussi un thé fortement
aromatique à partir des racines ou bien à partir des feuilles le thé était considéré
comme un bon tonique pour aider à purifier le sang. Le jus de bleuet était utilisé
contre la toux. Les1ers colons avec les amérindiens appréciaient le fruit comme
ingrédient de base de leur alimentation. Ils mangeaient le bleuet frais cueilli
sur le buisson et l'ajoutaient dans la soupe, les ragoûts et dans plusieurs
autres plats pour en rehausser la saveur. Depuis, l'Amérique du Nord
produit 90% de la production mondiale de bleuets.




Le colorant pourpre de la myrtille

Autrefois, les baies de Myrtille étaient utilisées comme colorant pour teindre
les étoffes en rouge. A l’époque Romaine, elles remplaçaient d'autres plantes
tinctoriales, et surtout le rouge du pourpre réservé à la haute société. Les gréco-
romains ignorent la myrtille, non pas parce qu’ils la déconsidèrent, mais parce
qu’ils ne na connaissent pas. En effet, elle ne pousse pas en Grèce et se limite
pour l’Italie, aux zones montagneuses. Cela peut expliquer la raison pour laquelle
la myrtille passe quasiment inaperçue des Anciens. Pourtant, Dioscoride a bien
noté sa capacité à resserrer les tissus par son astringence.

De leur côté Pline l'ancien et Virgile, relevaient des mots en latin faisant référence
à des liens pouvant exister entre la myrtille et d'autres plantes...par exemple,
le mot de myrtille qui provient du latin "myrtillus" issu de "myrtus" qui signifie myrte
...en raison de leur ressemblance dans leur apparence ?
Autre lien aussi de la myrtille "vaccinia" avec la jacinthe
"hyacinthus" (en latin) déformation de "hyakinthos" (en grec)
...comparaison relative à leur couleur semblable ?

En revanche,
dans son poème "Les tristes"
Ovide, évoque avec le mot « vaciet »
ce qui pourrait bien désigner la myrtille :
- - -
« Que le vaciet ne te farde point de sa teinture de pourpre,
cette couleur n’est pas la couleur du deuil »
- - -
Peut-être s’agit-il là de la myrtille dont on sait qu’elle était employée
dans la teinturerie, sa couleur coïncide avec ce qu’en dit Ovide.

A partir du XII ième siècle et tout au long des siècles
qui suivent jusqu'au XIX ième, les médecins, savants, chercheurs,
malgré des données qui se contredisent, poursuivent et approfondissent
leurs travaux afin de confirmer l'évidence des vertus propres à la myrtille. Mais
depuis la nuit des temps, la baie restera dans le domaine de la médecine populaire.
